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Municipales : la France des baronnies face à la vague nationale

Benoît de Boysson, candidat Reconquête ! de la liste Bourg ambition

BRUNO AMSELLEM/DIVERGENCE POUR « LE MONDE »

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Les amis, dans 6 jours on retourne voter ! Enfin, « on »… disons, une partie des Français. Il faut dire que les municipales, c’est 35 000 élections en une. Chaque ville et village a ses querelles de clocher, ses rivalités personnelles, ses personnalités loufoques et ses alliances improbables. Impossible de comprendre tout ça depuis un plateau télé parisien.

Et puis soyons honnêtes : pour beaucoup de gens, la mairie c’est surtout le stationnement, les lampadaires et les crottes de chien.

Alors pourquoi la droite nationale devrait s’intéresser à cette élection ? Parce que derrière la mairie locale se joue quelque chose de beaucoup plus intéressant : un rapport de force politique en cascade.

Pour essayer d’y voir clair, on a travaillé sur un modèle statistique assez poussé, en prenant les résultats des dernières élections nationales et en les croisant avec l’implantation locale dans plus de 300 villes. Et la première conclusion est aussi simple que sévère : les municipales corrigent brutalement les résultats nationaux.

 

Conquérir la France un siège municipal après l’autre

Premier état des lieux : les partis de droite présentent 618 listes nationales, dont 507 listes RN / UDR et 18 listes Reconquête (pour le reste : des listes d’alliances).

Ce chiffre nous confirme que la présence locale patriote est en train de se structurer. Et en politique municipale, la présence compte presque autant que les victoires… parce que la conquête locale fonctionne rarement comme un raz-de-marée. C’est comme un vieux jeu de stratégie dont les parties se comptent en décennies : ce n’est pas la première bataille qui compte, c’est la capacité à rester sur le terrain et à devenir visible des électeurs. Alors la progression est lente, conseil municipal par conseil municipal et… siège par siège.

Grâce au système de conseillers d’opposition, on peut en effet arracher quelques sièges même quand on n’obtient pas les clés du bureau du maire. (la première étape de l’ascension !)

Le bureau du Maire de Paris : très confortable.

Une fois croisées toutes les données, voilà ce qu’on retire de croustillant dans notre modèle :

  • 65 villes où une liste nationale peut atteindre 10 à 20 %.
  • 69 villes où les scores peuvent monter entre 20 et 35 %.
  • 5 à 18 villes sont réellement gagnables.
  • 19 villes RN sur 20 normalement conservées.
Carte issue des analyses électorales. Le vote natio est très localisé

Rapports de force... et forteresses électorales

Alors oui, on est loin du raz-de-marée des législatives où le RN était en tête dans toutes les communes – ça ne se traduit pas exactement comme ça localement. Parce qu’en fait il y a quelque chose de très français dans les municipales : une prime énorme au maire sortant. Eh oui, derrière ses airs révolutionnaires et indépendants, la politique locale a tout d’un modèle féodal, et se dévoile alors une France de barons locaux.

Dans certaines villes, les maires sortants tiennent leur mairie comme un seigneur médiéval tient son château. Peu importe que le paysage politique ait changé autour et que tous les électeurs votent RN aux autres élections. Peu importe que leur parti ait perdu toute crédibilité nationale : la bannière du sortant flotte toujours triomphalement sur les remparts.

Et parmi ces barons municipaux, il y en a une catégorie particulièrement coriace : les maires LR. Ils ont perdu les présidentielles, les européennes, les législatives, l’influence nationale… mais leurs mairies tiennent encore, parfois depuis vingt ou trente ans, et c’est précisément ce qui tient le parti sous assistance respiratoire. Avec en gros 40% des mairies de plus de 1000 habitants, la droite issue de la famille LR reste de loin les boss du game municipal.

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Maire LR moyen

D’où ce que l’on tire dans notre modèle :

  • quand le maire sortant est LR, il faut retirer environ 12 points aux scores nationaux du RN ;
  • quand le maire sortant est PS, on retire plutôt 7 points ;
  • en revanche, quand le RN est déjà aux commandes, le score reste stable… voire progresse.

 

Les batailles visibles et invisibles

Alors, vous le comprenez : si quelques batailles sont très visibles et quelques victoires seraient symboliques (on a les yeux rivés sur Nice et Toulon), l’essentiel du travail reste souterrain et n’éclorera localement que dans quelques années. C’est, comme toute la politique, un marathon et pas un sprint.

Bientôt les rois de la Côte d'Azur ?

Et il y a une raison supplémentaire de regarder ces municipales de très près : les sénatoriales. Car en France, les sénateurs ne sont pas élus directement par les citoyens. Ils sont élus par des grands électeurs, dont près de 95 % sont… des conseillers municipaux.

Autrement dit : les municipales sont littéralement les deux premiers tours des sénatoriales. Chaque conseiller municipal élu en mars (y compris d’opposition !) devient un vote sénatorial en septembre, et vous vous doutez bien que les conseillers LFI ne voteront pas pour un candidat sénateur de la droite nationale.

En tout cas, la France reste aujourd’hui largement tenue par des baronnies locales solidement installées. Conséquence : comme un siège médiéval, il faudra les avoir à l’usure.

Pour ça, la première étape : toujours voter à la droite de LR quand c’est possible !

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1 Commentaire
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Vous avez raison ce qui compte avant tout c est l implantation nationale le PS l a bien compris il est présent partout y compris dans les syndicats enseignants ce que la droite a négligé jusqu’ici hors les enseignants sont les premiers influenceurs investis dans toutes les associations et les conseils municipaux idem pour les soignants et pour se présenter aux autres élections départementales et régionales le recrutement des candidats se fait d abord dans les élus municipaux le RN l a compris LR le faisait mais son problème est le positionnement politique entre Retailleau de droite et ses concurrents et surtout les centristes de l ex UDF fusionnés avec le RPR en partie avec le RN aujourd’hui et surtout les centristes et macronistes du en même temps machine à perdre les élections depuis Chirac et Juppé le meilleur d entre nous en fait des radicaux socialistes comme ils l ont eux-mêmes annonces donc pas de droite Chirac a avoué avoir voté Mitterand et vendait l humanité à la sortie du métro dans sa jeunesse

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